Accouchements en maison de naissance

Notre Renaissance

5 septembre

Tu vas bientôt avoir 3 mois. 3 mois à te découvrir. Tu aimes être tout nu, tu aimes être dans l’eau et sur ta table à langer. Tu ne lâches pas ta sœur des yeux, tu rigoles quand Mamou t’allaites et tu aimes t’endormir à mon sein. Tu es un bébé sourire, comme Soa. Tu t’es retourné à 1 mois, nous prenant par surprise.

Aujourd’hui, c’est notre renaissance.

Prise 3 après quelques journées stressantes. Parce que je suis triste en pensant à ta naissance, à ces moments que j’ai ratés parce que je suis allée à l’hôpital quand je voulais rester collée à toi, à la violence de ton expulsion quand je voulais de la douceur. Alors on recommence, épaulés par Josyane. Je passe la matinée à nettoyer la maison et à ranger. Puis, je replace mes phrases de motivations, les bougies, tout ça avec la musique, notre playlist d’accouchement qui me rend émotive. Quand Soa rentre du parc elle trouve ça beau. Elle demande pourquoi j’ai remis comme pour la naissance de Silao. En après-midi, comme le jour J, on va se promener. Tu es contre mon cœur. Mon beau bébé. En rentrant, je cueille des fleurs du jardin pour faire un beau bouquet. Tu dors dans le porte-bébé. Il fait beau mais le vent est froid. Mamou gonfle la piscine qui vient compléter le décor du salon. Je me sens bien et sereine. J’ai hâte sans savoir à quoi m’attendre. En voyant la piscine, Soa me fait un câlin et me dit « va me manquer maman ». Même chose à Mamou. On lui explique alors que cette fois, on ne partira pas, qu’on sera là jusqu’au bout. Le diffuseur diffuse l’ylang-ylang qui m’apaise. Anne-Sophie arrive et commence à jouer avec Soa.

A 18h45 Clara arrive et me dépose les perles qu’elle a choisies pour moi et une jolie carte. La voir me fait du bien. Elle répond à mes questions, puis s’en va. Josyane arrive au même moment. Elle installe un tissu, une bougie, différents objets. Il fait sombre. Mamou commence à remplir la piscine et allume les bougies. L’ambiance est douce, calme. Pile ce que je souhaitais pour le grand jour. On rallume la musique qui vient compléter le décor. Soa embarque dans l’eau. Elle est un peu excitée. Je t’allaite et tu t’endors. Doucement, je te pose sur ton coussin et vais me changer. A mon retour, tu es réveillé mais calme. Curieux. J’entre dans la piscine. Elle n’est pas assez chaude. Mamou essaie d’ajuster et finit par faire chauffer la bouilloire. Je me remets instinctivement dans ma position de l’accouchement: à genoux, les jambes écartées, accoudée au rebord. Je ferme les yeux, je me laisse remplir par la musique et l’odeur et les bruits de Soa qui joue près de moi. La lumière est douce, tamisée. L’émotion m’envahit. Je me balance, je me berce, je respire doucement. Soa me fait des massages, me verse de l’eau dans le dos. Mamou me parle. Je suis bien. Au bout d’un moment, je demande à Mamou de me rejoindre. Soa débarque, elle est tannée. Mamou finit de t’allaiter, te confie à Josyane et me rejoint. Elle se glisse derrière moi et me prend les mains. Elle me berce avec ses jambes et je me laisse porter par l’eau, les yeux fermés. La musique nous accompagne. Mon ventre se tend. Ça pousse. Je porte les mains de Mamou dessus. Je souffle. Je tremble. Un mélange de froid et d’émotion.

Malgré moi, mon corps travaille à te faire renaître et des larmes se mettent à couler. Mamou me glisse des mots d’amour et m’encourage à laisser sortir tout ça. Je pleure doucement, je respire profondément, je sens mon ventre pousser, je n’en reviens pas. On passe de longues minutes comme ça, à pleurer ta première naissance pour mieux accueillir la seconde. Je sens Soa qui vient nous faire des caresses et des bisous. Elle est calme et curieuse. Je fais signe à Mamou que je suis prête. Prête à t’accueillir à nouveau, dans le calme et la douceur de notre maison. Sans cris de douleur. Juste la douceur et la paix que je souhaitais tant. Soa revient dans l’eau avec nous. Josyane retire ta couche et t’amène doucement. Puis elle te glisse dans l’eau, entre mes jambes. Je t’attrape mais tu avales un peu d’eau et te voilà qui tousses, t’étouffes puis pleures dans mes bras. On te parle, on te calme et quand tu as fini de te raconter, on te câline dans nos bras. Je ferme les yeux, je colle mon visage dans ton cou.

Tu es là.

Je pose ma main sur ta poitrine en pleurant de joie et de soulagement. Te (re) voilà! Tu es beau. Tu nous souris. Tu t’agites les bras et les jambes. Josyane dépose dans l’eau de jolies fleurs. Que c’est beau! J’en dépose une sur ton front. Rouge. Tu souris, heureux. L’atmosphère est légère. Joyeuse. Quel bonheur. Tout à coup, l’alarme incendie retentit. Le bougeoir a pris feu! Josyane court le mettre sous l’eau à la cuisine. On rit. Légèreté soudaine. On a froid. On sort de l’eau. Anne-Sophie te prend dans une serviette et te dépose dans ton coussin. Je sors. J’ai hâte de te retrouver. Tu souris de tout ton visage. Je monte me changer et je te prends tout nu contre moi. Tétée d’accueil. Tu en profites pour faire pipi, petit cochon. Josyane fait choisir un bracelet indien à Soa et on le passe ensemble autour de ton poignet.  Il est magnifique et te va super bien.  Cette petite attention de Josyane me touche beaucoup.

Je te pose pour me rechanger. On te pèse (7,250kg!) et te mesure, on blague (quel gros bébé!). Anne-Sophie pleure. La renaissance lui a fait du bien aussi. On te met une couche. Tu t’énerves, tu es fatigué. Toutes ces émotions! On te met un pyjama puis je te prends contre moi pour t’endormir au sein. Anne-Sophie couche ta soeur, fatiguée elle aussi. Anne-Sophie m’offre ses perles et ses voeux, puis Josyane. Et puis on discute. Longtemps. De plein de choses. Toi endormi contre moi. Moi calme, sereine, apaisée. Juste bien. Avant d’aller dormir nous aussi, dans le lit, pour boucler cette belle journée de recommencement, je lis la jolie carte de Clara, qui me comble de douceur.

Voilà, mon amour, l’histoire de notre renaissance. Une histoire qui aura réparé nos cœurs et nos âmes. Le lendemain, Soa joue avec des toutous. Du salon, je l’entends parler d’un bébé qui sort d’un bedon puis « maman s’en va pas, non, elle reste là avec nous ». Dans les semaines à venir tu vas enfin rencontrer ta famille de France. Faire le plein de câlins. En rentrant, on dira au revoir à la maison qui aura vu grandir ta sœur et tes premiers sourires pour un nouveau départ. Tous les 4. Dans la douceur retrouvée. J’ai hâte de te voir grandir, mon beau garçon. Je t’aime.

 

Viens lire le récit de la Naissance de Silao ici ❤️

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