Le DROIT à ton opinion

Anodin? Non.

Anodin ? Non.
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En septembre 2018, je séjournais à la maternité suite à la naissance de mon premier enfant. J’avais 25 ans.
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On m’a appris à changer correctement la couche de mon nouveau né et si je ne procédais pas exactement comme on me l’a « appris », j’étais mise dans la case de la jeune maman inculte, paumée et « pas prête ».
On est rentré dans ma chambre sans se présenter pour me faire un toucher vaginal, palper le ventre et toucher les seins (sensibles, douloureux, avec la montée de lait). Ça a duré 30 secondes. On ne m’a pas adressé la parole, ni même regardé (est ce qu’elles savaient mon nom ?) j’en ai déduis que ça devait être la gynécologue de garde…

Cest anodin ? Non !!!!

Mais les gynécologues, maîtres, dieux absolus des maternités, n’ont donc pas le temps pour faire du social. Dire bonjour avec un sourire, se présenter et expliquer leurs actes dure aussi longtemps que de mettre les cartes vitales dans leurs machines pour se faire payer. Peut être même moins quand leurs lecteurs bug…
En salle de naissance, (donc moins de 2 heures après l’arrivée de notre bébé) il fallait ABSOLUMENT que papa trouve une gigoteuse pour couvrir bébé. Une quoi ? Je suis jeune papa sur mon nuage à admirer et accueillir ma merveille, tout en félicitant et réconfortant maman qui vient de réaliser le plus intense marathon de sa vie. Alors la valise, les affaires sont loin… Une bonne couverture fera très bien l’affaire ? Non. Il faut une gigoteuse…

Cest anodin ? Non.

On m’a très bien expliqué le soin du cordon, les vitamines à administrer, on m’a même prescrit une pilule contraceptive… (sans consultation ? Sans en discuter ? Sans mon consentement ?) mais personne ne m’a parlé des tranchées, ces contractions utérines hyper douloureuses au début de l’allaitement. Personne ne m’a expliqué comment fonctionne le sommeil de bébé les 3 premières années. Personne ne m’a dit que non, ce n’est pas normal d’avoir mal aux seins à en chialer même au début de l’allaitement.
Le matin, on rentre déposer le plateau petit déjeuner à 7h, quand ça faisait a peine 2 heures que tu arrivais enfin à dormir après que bébé ait pleuré toute la nuit. Mais c’est les protocoles. À 7h on sert les petit déjeuner, peu importe ce qui s’est passé la nuit. Pas de veilleuses en maternité, on allume directement les néons. De quoi démarrer la journée en douceur avec bébé qui repleure…

Après c’est l’enchaînement. Comme les mariés qui font la bise pendant des plombes à tous leurs invités. Le médecin pour toi. Le médecin pour bébé. Le ménage. La sage femme. L’assistante sociale. L’auxiliaire de puériculture pour laver bébé. Puis le repas de midi. On te dit, reposez vous Madame, vous avez l’air déjà épuisée, qu’est ce que ça sera toute seule à la maison… Vous devez être forte pour votre bébé… Ils avaient quand même de l’humour à la maternité… J’aurai pu mieux me reposer à la maison ça c’est sur!
Après manger, on peut enfin faire la sieste entre 2 tétées ? Ah ben non c’est vrai, c’est les visites. Faut montrer qu’on est heureux et épanouis. Soupe à 18h puis plus rien jusqu’a la relève de 21h. La nuit t’appartient à peu près à la maternité. Tu peux découvrir bébé, te découvrir dans ton nouveau rôle de maman, être ensemble, intime, vrai, seul au monde, dans la douceur. Puis à 7h, c’est reparti pour cette course infernale.
Mais ils font leur travail, me disait on…

Et si le travail de ces pro de la maternité, c’était avant tout de faire preuve d’humilité, en se rappelant que celle qui sait, c’est la femme qui donne la vie. Qu’elle est 20, 25 ou 35 ans. Nous ressentons et savons ce qui est bon pour nous, pour bébé. Nous l’avons bien porté au cœur de notre corps pendant 9 mois. Nous connaissons mieux que personne notre bébé.
Et si leur travail c’était plutôt d’accompagner, d’écouter, de renseigner, de soutenir ? Et si on respectait les mamans au lieu de les infantiliser ? Et si, au lieu d’être passives, silencieuses, bien sages et tranquilles, (pour le confort des médecins) c’était la maman et le papa les acteurs principaux de leur enfantement. À leur façon…?

Nadia

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